je te rapproche

c’est ton visage d’écarter

la distance

la fenêtre lumière toute

d’un coup en entier le cadre du jour au rebord

comme c’est pour s’y appuyer

***

les castings sont une chance même si même si pas pour moi

le bilan humain s’alourdit

mon personnage échappe à ça

mon art fait face

aux nuits sonores

aux résistances administratives

pélican des préfectures

la terre politique est mesquiquine

la vraie n’y peut rien

elle tremble

elle tremble comme ton manteau aux pattes de l’hiver

elle tremble

sous le temps médiatique

le bilan s’alourdit toujours

ce n’est pas exactement d’heure en heure toujours

la différence ressemble tous

il n’y a pas que l’amour

***

maintenant le soir

aplatit tout

c’est jusqu’aux flaques

je coupe le rêve de ta poire

en deux

c’est aussi dérisoire

que tous les autres jeux

autant que toi

c’est blanc

comme une chair qui répare

qui répare quoi ? demande la voix

autant que toi

besoin de nous, sinon

comment saurai-je le savoir

***

défeuiller une à une pour les tomber les illusions

depuis l’écorce et dans cette plongée jusqu’au cœur

le jugulement des sèves

puis revenir en surface de l’écorce

porter alors tout ce paysage

et

tout ce qu’il engage de consentement

ne pas oublier que viendront d’autres et beaucoup d’aveuglements

***

regard au jardin

comme on retourne au retour

comme on retourne un peu toujours

la nuée brutale des fleurs qui

partout

bigarrure et azimut

partout

couleurs parfums collisions

verbes et refrains

saccades et bourdons

le printemps de l’été comme une coulée de lave